Comment refaire les joints de carrelage étape par étape?
Joints noircis ou fissurés ? Voici le matériel, la méthode et les temps de séchage pour un carrelage comme neuf sans le remplacer.
Des joints qui noircissent, s’effritent ou se creusent : ce n’est pas qu’une question d’esthétique. Un joint abîmé laisse l’eau s’infiltrer derrière le carrelage, favorise les moisissures et, à terme, peut décoller les carreaux. La bonne nouvelle, c’est que refaire ses joints est un chantier à la portée d’un bricoleur patient. Il demande surtout de la méthode, un peu de temps et quelques outils bon marché. Voici comment procéder, de l’évaluation de l’état des lieux jusqu’au dernier coup d’éponge.
Faut-il vraiment refaire les joints ?
Avant de se lancer, il faut distinguer un joint simplement sale d’un joint dégradé. Un joint encrassé se nettoie souvent avec une brosse et un produit adapté. Il n’y a refaire que si le matériau lui-même est atteint.
Quelques signes ne trompent pas :
- le joint s’effrite ou part en poudre sous l’ongle ;
- des fissures ou des creux apparaissent entre les carreaux ;
- des taches noires persistent malgré un nettoyage soigné ;
- un carreau bouge légèrement ou sonne creux quand on le tapote ;
- de l’humidité apparaît sur le mur ou le plafond voisin (cas d’une douche ou d’une salle de bains).
Si un carreau est décollé, il faut d’abord le recoller, puis refaire le joint. Refaire uniquement le joint sur un support instable ne règle rien.
Le matériel nécessaire
Le budget reste raisonnable : comptez en général 30 à 60 euros pour l’ensemble si vous partez de zéro, hors outil électrique. Voici l’essentiel :
- un grattoir à joints manuel ou un outil multifonction avec lame adaptée ;
- un aspirateur ou un pinceau pour dépoussiérer ;
- un seau, une éponge à joint (grain fin) et des chiffons propres ;
- une raclette en caoutchouc (platoir à joint) ;
- du mortier-joint, en poudre ou en pâte prête à l’emploi ;
- un cutter pour retirer l’ancien silicone, si besoin ;
- des gants, des lunettes de protection et un masque contre la poussière.
Choisir le bon type de joint
Le choix du produit dépend de la pièce, de la largeur du joint et de l’usage. Un mauvais choix se paie vite : joint qui se fissure, qui s’encrasse ou qui ne résiste pas à l’humidité.
| Type de joint | Usage conseillé | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Ciment (poudre à mélanger) | Sols et murs courants, joints larges | Économique, large choix de teintes | Poreux, à protéger dans les pièces d’eau |
| Ciment hydrofuge ou amélioré | Salle de bains, cuisine, entrée | Plus résistant à l’eau et aux taches | Un peu plus cher |
| Résine époxy | Douches, plans de travail, zones très sollicitées | Quasi imperméable, très résistant | Application plus délicate, prix plus élevé |
| Joint en pâte prêt à l’emploi | Petites surfaces, murs | Aucun mélange, pratique | Coût au mètre carré plus élevé |
Pour les joints de moins de 5 mm de large, choisissez un mortier à grain fin. Au-delà, un mortier pour joints larges évite les retraits et les fissures. Côté couleur, prenez une teinte légèrement plus claire ou plus foncée que le carreau selon l’effet voulu, en sachant que la couleur sèche toujours un peu différemment du mélange humide.
Étape 1 : retirer l’ancien joint
C’est l’étape la plus longue, mais aussi la plus déterminante. Un nouveau joint n’adhère correctement que sur un support sain, propre et suffisamment profond.
Avec le grattoir, retirez l’ancien joint sur au moins 2 à 3 mm de profondeur, idéalement sur la moitié de l’épaisseur du carreau lorsque c’est possible. Travaillez en tirant l’outil le long du joint, sans appuyer de façon brutale pour ne pas ébrécher l’émail des carreaux. Un outil multifonction accélère le travail sur de grandes surfaces, mais demande plus de précision.
Dans les angles et au raccord avec la baignoire ou le receveur, ce n’est pas un joint ciment qu’on trouve, mais du silicone. Il se retire au cutter, puis se refait en fin de chantier avec un mastic sanitaire.
Étape 2 : nettoyer et préparer le support
Une fois les joints creusés, aspirez soigneusement la poussière et les débris. Passez ensuite un chiffon légèrement humide sur les carreaux et dans les rainures. Si des moisissures étaient présentes, traitez-les avant de rejointoyer, sinon elles réapparaîtront rapidement : un produit antimoisissure en vente en grande surface de bricolage fait l’affaire, à rincer et à laisser sécher complètement.
Le support doit être sec au moment de l’application. Humidifiez très légèrement les rainures juste avant de poser le mortier ciment, pour éviter qu’elles n’absorbent trop vite l’eau du mélange. À l’inverse, pour l’époxy, le support doit être parfaitement sec.
Étape 3 : préparer le mortier-joint
Suivez à la lettre les proportions indiquées sur l’emballage. Un excès d’eau fragilise le joint et provoque des fissures au séchage. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte lisse, de la consistance d’un dentifrice épais, sans grumeaux.
Laissez reposer le mélange quelques minutes (souvent 5 à 10 minutes), puis remuez à nouveau. Ne préparez que la quantité utilisable dans la demi-heure environ : le mortier durcit et ne se rattrape pas en ajoutant de l’eau.
Étape 4 : appliquer le joint
Avec la raclette tenue en diagonale, étalez le mortier en pressant fermement pour bien remplir les rainures. Passez dans plusieurs directions pour éviter les vides et les poches d’air. Travaillez par petites zones, d’un mètre carré environ, pour garder le contrôle du séchage.
Retirez l’excédent en raclant à 45 degrés par rapport aux joints. Évitez de racler dans le sens du joint, au risque de le vider.
Étape 5 : nettoyer et lisser
Attendez que le mortier commence à tirer, c’est-à-dire qu’il perde son aspect brillant (en général 15 à 30 minutes selon le produit et la température). Passez alors l’éponge humide, bien essorée, en mouvements circulaires pour lisser les joints et retirer le voile de ciment sur les carreaux. Rincez souvent l’éponge.
Une fois le mortier sec au toucher, un voile blanchâtre peut subsister sur les carreaux. Il s’enlève avec un chiffon sec ou légèrement humide après quelques heures.
Temps de séchage et protection
Comptez 24 à 48 heures avant de remettre la pièce en usage normal, et jusqu’à 72 heures avant d’exposer une douche à l’eau. Certains fabricants conseillent d’appliquer un produit hydrofuge sur les joints ciment après séchage complet, surtout dans les pièces humides. Vérifiez la notice, car les temps varient selon le produit.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Creuser trop peu : un joint trop fin se détache rapidement.
- Trop d’eau dans le mélange : le joint devient friable et se fissure.
- Nettoyer trop tôt : on vide les joints en passant l’éponge sur un mortier encore mou.
- Nettoyer trop tard : le ciment durcit sur les carreaux et devient difficile à retirer.
- Oublier le silicone : les angles et les jonctions avec les sanitaires demandent un mastic souple, pas du ciment.
- Travailler sur un support humide ou sale : l’adhérence en pâtit.
Quel budget prévoir ?
Un sac de mortier-joint de 5 kg coûte en général entre 10 et 25 euros et suffit pour plusieurs mètres carrés selon la largeur des joints. Une cartouche de silicone sanitaire se situe autour de 6 à 12 euros. L’époxy, plus technique, revient nettement plus cher, mais sa durabilité peut justifier l’investissement dans une douche ou sur un plan de travail. Le gros du coût reste le temps : prévoyez une demi-journée à une journée pour une salle de bains standard.
En résumé
Refaire ses joints repose sur trois piliers : bien gratter l’ancien joint, respecter le dosage du mortier et nettoyer au bon moment. Avec un peu de patience et un matériel simple, le résultat redonne un coup de neuf à une pièce pour quelques dizaines d’euros. Commencez par une petite zone peu visible pour prendre la main, puis attaquez le reste en travaillant par sections. Et si l’humidité persiste après le chantier, mieux vaut en chercher la cause plutôt que de recommencer.